Quel système électoral pour assurer l’efficacité de la gestion des communes ? D’après la position officielle des partis politiques qui composent l’alliance présidentielle et détiennent à eux trois la majorité à l’APN (mais aucun n’a pu l’assurer tout seul) le système de la proportionnelle est appelé à être abandonné pour cause d’émiettement des voix d’abord et surtout de l’instabilité que ce système génère du fait de la dispersion des voix et de l’émergence de « petits partis » qui jouent les troubles fête en voulant avoir leur mot dans les décisions. Cette situation a abouti souvent à des retraits de confiance et des mécontentements préjudiciables pour la bonne marche des affaires de la commune. Voici la position officielle des partis politiques émergents, surtout le FLN pour contrer le système de la proportionnelle. Est-ce là un argument objectif et neutre ?
Dans les pays qui appliquent ce système la question est vue d’un autre angle. Qu’en est-il en Algérie ?Il est de notoriété que le système de la proportionnelle favorise les « petits » partis mais son avantage est de permettre une représentation plus équilibrée de la classe politique et donne d’avantage de choix au citoyen électeur. Alors pourquoi ce qui est considéré comme un avantage sous d’autres cieux est une tare que l’on veut accoler à ce système chez nous ? La raison nous parait être relevant de la politique d’abord, de la moral politique ensuite et, enfin, souffrir d’une approche « dictatoriale » de la représentation populaire suivant la perception des politiques algériens encore marqués par les méthodes de la période de la révolution basées sur les pratiques expéditives de règlement de compte.
En effet, tandis que chez les nations européennes, le souci des dirigeants est la représentation populaire la plus large possible dont la proportionnelle est jugée garantir plus de justice et d’équité. Encore que la proportionnelle en Algérie n’est pas appliquée dans son intégralité et son origine comme en Angleterre. Chez nous, la culture politique et l’héritage historique aidant, il n’y a plus de place pour les « petits ». Le FLN voit grand et le fait savoir à chaque occasion ; ses hommes s’accommodent mal d’un partage de pouvoir. Alors le pouvoir local ne doit pas faire exception. Les dirigeants politiques dont il est question ressassent à longueur d’interventions télévisées et radiophoniques du service public, propriété de l’Etat, les difficultés que rencontrent les communes à se stabiliser en citant les « retrait de confiance » et autres intrigues politico juridiques dont seuls les tenants du régime ont le secret. C’est la transposition des méthode de pouvoir d’en haut (les hautes sphères de l’Etat) à l’échelle locale. Mais à l’échelle locale on fait porter la casquette de ces difficultés au régime électoral de la proportionnelle. Il faut tout de suite préciser que le régime de la proportionnelle a été adopté par l’Algérie dans une période où le pays était boudé par les étrangers et accusé de répression à l’encontre des islamistes. Les dirigeants algériens avaient adopté ce régime à l’époque comme gage de démocratie à l’égard des ONG et institutions internationales de défense des droits de l’homme. On avait alors loué les avantages de ce régime électoral comme étant le meilleur. Maintenant que le pays s’est quelque peu stabilisé que les problèmes ne sont plus les mêmes, les hommes politiques du FLN et leurs alliés de la « famille révolutionnaire » reviennent à la charge et trouvent des défauts au régime électorale qu’ils louaient durant la crise parce qu’il ne faut pas oublier que la proportionnelle avait été rejetée par le régime dans le code électoral d’avant et adopté donc sous la pression internationale. Les dirigeants semblent se conformer aux situations suivant la position et l’état politique du pays donc une stratégie conjoncturelle qui change en fonction des crises du régime politique en mal d’adaptation.
La loi électorale va être changée et on s’achemine vers le retour au régime électoral de la majorité qui est à l’avantage des « grands » partis et ferait l’affaire du FLN.
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