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belmihoub

Pseudo: HaouèsCatégorie: CommunesDescription:
Ex.administrateur des services communaux des années 1980 et début 90. Ayant vécu de très près les mutations de 1990. Actuellement installé dans une profession libérale.J'ai écris des articles dans "Révolution Africaine" "Liberté" et "El moudjahid"
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Jeudi 22 Juin 2006

             La representation populaire locale a toujours constituée un problème socio-politique dont l'équation est difficile à résoudre. En effet , entre population, partis,sociétée civile, entourage, clan et les autres groupes de pression l'élu est souvent en proie à une forte pression.En Algerie cette aquation se trouve plus accentuée vue les relations et le role de la famille élargie et des liens des uns et des autres, ajoutés à un clientélisme certain qui a malheureusement investi et parasité l'activité des élus locaux. Donc l'élu est confronté à une activité et à une conjugaison d'interventions et d'ingérences de la part de la tutelle ( wilaya et daira) ensuite de la part des administrés, des associations et parties politiques y compris le sien,  enfin l'entourage immédiat et lointain.Chacun ayant une préoccupation et des interrêts propres.

 

L'élu et son" programme".

 

          L'élu local ( Assemblée Populaire de Wilaya -APW-et Assemblée Populaire Communale-APC-) peut-il être choisi sur la base d'un programme? L'élu a-t-il les moyens légaux pour réaliser ce programme? Mais avant de répondre à ces questions la principale est: est ce que l'élu connait les instruments juridiques et les moyens humains et financiers qui lui seront nécessaires pour réaliser ce programme? Ces questions traduisent la difficulté du rôle que l'élu local est appellé à jouer.

 

Pour commencer; un survol historique de la question s'impose:

 

           La collectivité locale qu'était le douar,dechra,ou village a toujours éxisté par son représentant choisi par les habitants en fonction du critère de l'age, de la position sociale et  religieuse, souvent pour la durée de la vie, son remplacement s'effectuant aux  mêmes conditions.Ses décisions faisaient l'unanimité et étaient respectés.Cependant , les enjeux politiques,sociales et économiques passaient au second plan et n'avaient pas ou peu d'incidences sur le représentant de cette collectivité. Les occupants de l'Algerie s'étaient toujours appuyés sur le représentant de la collectivité lacale pour assoire leur pouvoir. Les arabes ont ancrés dans les traditions l'institution du cheikh ( englobant à la fois les notions religieuse ,d'age et de position sociale),on doit aux  turks les notions de agha,bachagha,et  kaïd que les français ont gardé, du moins dans son appelation.Mais ces responsables représentaient plus l'autorité coloniale centrale que les habitants locaux dont le représentant restait le cheikh. Celui-ci servait de courroie de transmission entre les habitants locaux et les dignitaires choisis par les autorités administratives dont les missions se réduisaient  principalement à la collecte de l'impot. La personne qui jouissait le plus de prestige auprés des habitants était apte à remplir cette mission; ceci pour s'assurer l'adhesion à defaut de soumission des populations locales. Les difficultés de la France à imposer un type de collectivité propre au pays en assurant la représentation locale était du, de l'avis des historiens, au fait colonial lui même et à l'entêtement des autorités à vouloir transposer des modèles d'organisation de leur propre pays vers le pays colonisé se heurtant au poids des colons gros propriètaires qui crégnaient pour leurs interrêts. C'était ainsi que la population locale (indigène) était regroupée dans des bureaux arabes, gérés par un militaire; et puis ,les communes mixtes ,à la différences des communes de plein exercice ,réservées aux colons.La France avait toujours refusé d'appliquer à l'Algerie les textes qui régissaient les collectivités françaises pour les raisons politiques précédemment citées.De timides réformes étaient entreprises après 1956 pour faire bénéficier les communes algériennes des mêmes textes que ceux applicables en métropole avec un support économique, le plan de Constantine, mais d'abord c'était trop tard ensuite la représentation favorisait la minorité européenne sur les algériens autochtones. Au lendemain de l'indépendance et jusqu'à 1966 des délégations spéciales furent installées pour combler le vide laissé par le départ des colons. Le code communal de 1966 et celui de wilaya plus tard avaient institué une méthode de choix des élus sur la base de certains critères qui ont été partiellement modifiés dans le sillage  du pluralisme politique introduit par la constitution de 1989,mais les critères de fond sont restés inchangés.Ce sont donc ces conditions qui restent applicables pour la présentation des candidatures et les conditions d'éligibilité des candidats aux élections locales dont on remarquera l'absence de présentation de programme de la part du candidat.Ce qui est logique étant donné que , en dépit des intentions de décentralisation ,les communes restent très largement dépendantes des wilayas qui exercent la tutelle au nom de l'Etat sur elles et donc le candidat ne peut logiquement s'engager avec un programme qui risque d'être remis en cause par la tutelle.Ce qui ne veut pas dire  qu'il est interdit au candidat de faire des "promesses" électorales à ses électeurs,c'est d'ailleurs la praitque que les candidats aux élections locales (communales et de wialya) sillonnent les localités et assistent aux différentes manifestations religieuses,culturelles,sportives dans le but de s'allier les voix des citoyens visés.Quelle est la part du programme et des "promesses" dans cette activité politique? La réponse relève plus de la culture et des traditions que de la politique. En effet , cette "pratique" a toujours existé même  du temps du parti unic où le citoyen n'avait pas à faire un choix politique mais plutôt clanique,religieux,familliale pour les zones rurales et sur la base du quartier, de l'appartenance à un cercle de travail ou d'alliance donné dans les villes  Ce shema est toujours en vigueur sauf à de rares exceptions.L'absence de programme pour le candidat aux élections locales est logique dans la mesure où l'élu n'a pas la latitude de réaliser son programme ,l'apw et l'apc étant mis sous la tutelle de l'Etat représenté par le wali.Plus, la mentalité ancrée dans les esprits est   la tendance généralement admise des citoyens est d'exposer son problème à un représentant de l'Etat ( wali,chef de daira,directeur d'exécutif , services techniques) que de recourir à l'élu. Cette attitude parait paradoxale étant donné que le citoyen a fait son choix sur l'élu qu'il "boude" pour lui soumettre ses problèmes.Mais ce paradoxe trouve son explication à deux niveaux à savoir l'efficacité et la célérité des décisions qui se trouvent plus efficaces losqu'elles proviennent de l'administration (représentant de l'Etat) et caractérisée par la lenteur lorsque les mêmes solutions émanent des élus parce que l'administrateur se conformes aux textes et maîtrise mieux la compréhension et l'application alors que  l'élu est contraint de prendre plusieurs avis d'abord du fait de sa méconnaissances des textes et de leur compréhession et assimilations ensuite compte tenu de la collégialité de la décision qui nécessite un lapse de temps plus long.le 2eme niveau pour expliquer ce paradoxe se trouve dans le comportement des élus eux-mêmes car ceux-ci se déchargent souvent de leur responsabilité au profit des représentants de l'Etat cités plus haut . Les élus vont jusqu'à "inciter" leurs administrés pour s'adresser à la tutelle.Est-ce une manière de se rebeller contre la mainmise de l'Etat? D'autres part il nous paraît que les recquerants se partagent entre ceux ( prévilligiés) qui arrivent à exposer leur problèmes directement à la tutelle ( wilaya ou daira ) et ceux qui, ne pouvant avoir ce prévillége, s'adressent aux élus et il parait que la réussite des recquetes auprès de la tutelle est plus efficace et rapide que celles adressées aux élus. L'exemple à citer pour étayer ce qui précède est sans conteste celui de la distribution des logements sociaux laquelle compétence a été retirée aux communes pour être confiée à la daira , le président d'apc ne devenant qu'un membre de la commission de daira. Ce phénomène "éloigne-t-il" l'électeur de  l'élu? Certainement, car plus les compétences des représentants de la population sont importantes et plus les citoyens se sentent concernés par les décisions prises et plus ils se rapprochent de leurs élus. La conclusion à tirer de ce qui précède est tributaire de décisions politiques dans les quelles s'imbriquent indistinctement interrêts étroits  et calculs politiques.

 

 

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