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belmihoub

Pseudo: HaouèsCatégorie: CommunesDescription:
Ex.administrateur des services communaux des années 1980 et début 90. Ayant vécu de très près les mutations de 1990. Actuellement installé dans une profession libérale.J'ai écris des articles dans "Révolution Africaine" "Liberté" et "El moudjahid"
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Mardi 08 Août 2006

          

   

 

      Le ministre de l'intérieur vient de déclarer sur un ton de coup de gueule que "Alger n'est pas digne d'une capital"! ( Liberté du 24/07/2006). Que peut-on conclure après une telle déclaration ? Tout simplement que la gestion des villes algériennes a toujours été chaotique. Donc la déclaration du ministre de l'intérieur arrive trop tard vu le degré de déliquescence dans lequel se trouvent nos villes. Pourquoi et comment est-on arrivé à une telle situation ?

 

 

 

 

                   

                  Le système de nettoiement et d'enlèvement des ordures ménagères et industrielles est resté figé comme dans les années soixante. Pire, on peut dire en se basant sur les constations du terrain, que celui-ci a périclité. Un responsable d'une ville algérienne est entré dans un fou rire ininterrompu lorsque je lui appris, avec naïveté et fortuitement que le mot poubelle vient du nom du préfet qui avait, le premier, instauré ce système d'enlèvement des ordures dans la ville de Paris. Cette anecdote nous renseigne sur les mentalités des dirigeants de nos villes sur la question de l'enlèvement des ordures qui continue à être perçue comme activité secondaire pour ne pas dire avilissante des attributions des communes.

 

 

 

 

         Pourtant l'hygiène et la salubrité publiques font partie des prérogatives que le code communal a assigné aux communes. D'où la responsabilité qui incombe aux élus locaux pour la protection et la prévision en matière sanitaire. Les bureaux communaux d'hygiène ne semblent considérer comme leur prérogatives que les quelques sorties sporadiques pour le contrôle des commerces. Faudrait-il un jour se départir des bilans fantaisistes présentés aux journalistes qui se résument aux nombre de locaux contrôlés, fermés ou proposés à la fermeture ? Car ces bilans ne reflètent rien de la réalité que chacun peut constater : des tas d'immondices qui encombrent les trottoirs et même les rues, les nuées de mouches et moustiques qui indisposent les passants et les odeurs nauséabondes qui agressent les narines c'est ça le bilan constaté sur le terrain.

 

 

 

 

   Quant est-il des solutions ?

 

 

 

 

    1) D'abord, une question de mentalité : cesser les slogans et considérer l'enlèvement des ordures comme une mission essentielle des communes. Les élus locaux ne semblent pas donner à cette mission la priorité qu'elle mérite c'est-à-dire la priorité des priorités. D'abord parce que c'est le visage de la ville qui se reflète à travers ses rues comme un individu se préoccupe de l'apparence de son visage qu'il soigne pour donner une bonne image de soi. La question des mentalités revient à chaque fois qu'on parle des communes car, malheureusement, celles-ci ne suivent pas l'évolution de la société et du monde et restent figées à une époque dépassée par le nombre de la population à gérer, l'évolution des m?urs en matière de consommation et d'hygiène domestique et du management local qui a introduit de nouveaux modes de gestion des services publics locaux.            

 

 

 

 

   2)  L'hygiène des citoyens et la propreté de la ville ont un coût. Cela veut dire que le citoyen devra supporter une partie de ce coût. Ensuite que le nettoiement et l'enlèvement des ordures sont devenus une activité économique qui obéit aux règles de la commercialité. En conséquence la taxe d'enlèvement des ordures doit refléter le coût réel que doit débourser le citoyen et à l'Etat de trouver un mécanisme qui permet au citoyen démuni de jouir des mêmes droits tout en bénéficiant de quelques facilités.

 

 

 

 

   3) En aval les méthodes de traitement des ordures sont restées figées sans suivre le cour des autres contrées dans le monde. Car les fumées à la sortie des villes, les gamins en haillons traînant des sacs, les oiseux et autres chiens et chats errants rodant aux alentours des dépôts d'ordure restent une image encore visible en Algérie. Les solutions des usines de traitement des ordures sont la méthode appropriée pour résoudre le problème. Pourquoi ne pas encourager ce type d'investissement par des incitations et autres avantages fiscaux ?

 

 

 

 

    4) l'inapplication des textes: le dispositif juridique c'est à dire les textes ( lois, décrets et arrêtés) ne suffit pas à lui seul s'il n'est pas suivi par l'application sur le terrain par les concernés d'abord c'est-à-dire les Présidents des Assemblées Populaires Communales.Car le code communal en fait les seuls responsables. Un phénomène qui perdure malheureusement en Algérie est celui de l'inapplication des textes que s'ils prévoient des sanctions contre les responsables chargés de leur mise en oeuvre. On revient à la question des mentalités parce que les politiques  continuent à considérer les communes non pas comme une entité administrative en charge des problèmes du citoyen mais comme une passerelle à d'autres fins personnelles et politiques.

 

 

 

 

         Il semblerait que les solutions dépendent aussi et surtout de volontés politiques. Celles-ci doivent tendre vers une politique de la ville qui serait confiée aux professionnels du management local. Cette politique libèrerait l'élu pour se consacrer à ses taches de proximité et d'écoute des citoyens et confèrerait la gestion des villes à des professionnels de l'administration locale. Malheureusement ce n'est qu'un veux dont la réalisation dépend des hautes instances politiques . 

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